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Randonner dans les PNR d’Ile-de-France : le Gâtinais français

Lequel d’entre nous, randonneurs franciliens infatigables et curieux, ne s’est-il jamais posé la question en regardant  sur sa carte IGN d’un air dubitatif  la légende d’un sentier intitulée :  PNR.  Alors Késako ? S’agît-il de parcours de petite randonnée particulier ? D’un parcours naturel régional ? Presque ! Un PNR est en fait un Parc Naturel Régional . Il en existe 4 en ile-de- France : Le  Vexin,  l’Oise -Pays de France,  celui de la Haute Vallée de Chevreuse et enfin le  PNR du Gâtinais Français .  Ces territoires protégés répondent à une même charte dont les grands objectifs sont la protection du patrimoine, de la flore et la faune, ainsi qu’un encadrement  rigoureux au niveau du développement urbain.  Ils ont adopté également la même charte graphique dans leur logo. Ils présentent aussi la même étoile  stylisée.

Le Parc Naturel Régional Gâtinais Français un formidable terrain de jeu de 75.000 ha 

Ce territoire de 75.640 ha a été labellisé PNR en 1999. Il compte environ 82.000 habitants répartis sur 69 communes : 36 dans l’Essonne et 33 sur la Seine et Marne . Le PNR fait partie d’une entité historique qui englobait à l’époque deux autres départements : le Loiret et l’Yonne. On parlait alors dans le royaume de France  de Gâtinais orléanais , Grand Gâtinais et Gâtinais français . Aujourd’hui promeneurs paisibles et randonneurs en quête d’espaces apprécient ses paysages très contrastés composés d’un bon tiers de bois et forêts s’entremêlant aux terres agricoles. Le Gatinais est également appelé « le Pays des mille clairières et du gré« . Depuis des millénaires l’érosion a façonné les perspectives. Le gré surgit ici sous forme de chaos providentiels pour la pratique de la varappe. Là, d’anciennes carrières rappellent l’importance de ce matériau très utilisé  dans les constructions de naguère. Quatre  cours d’eau ont poursuivi ce travail de sculpture : la Juine, L’Essonne, l’Ecole et bien sûr la Seine. Et les sentiers  ne manquent pas dans le Gâtinais pour s’imprégner de cet univers qui repousse vers l’Est son périmètre au travers de la forêt de Fontainebleau. Regardez la carte ci-jointe , curieux découpage n’est-ce pas ?  La belle forêt Domaniale des 3 Pignons (et son fameux circuits des 25 bosses) n’a pas été englobée dans ce PNR ! Qu’importe, ce périmètre biscornu n’arrête pas pour autant le randonneur  dans sa progression vers Milly-la Forêt et son incursion dans l’immense domaine royal .

 

Afin de découvrir ce Gâtinais français, je vous invite à suivre l’itinéraire proposé. Si vous êtes parisien , prenez le RER D depuis la gare de Lyon en direction d’Etampes, puis stoppez à l’ arrêt de Maisse. Une large boucle de 23 kilomètres vous ramène ensuite à la Gare de Boutigny, sur la même ligne. Durant cette randonnée, vous aurez la possibilité de faire une pause à Milly-la-Forêt pour un éventuel ravitaillement. Ce parcours  très verdoyant ne présente pas de grandes difficultés. Trois jolies bosses lui confèrent un peu de dénivelé, principalement  dans la forêt de Fontainebleau .

Ces quatre Parcs Naturels Régionaux à cheval sur plusieurs départements, facile d’accès et d’une grande variétés vous feront découvrir la région IDF sous ses meilleurs aspects.

 

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Bossapas 2019, une 12 e édition encore plus sportive

L’ancien président du Comité Départemental 92 de la FFRP n’aurait sans doute pas imaginé en 2007 que la Bossapas connaîtrait un tel succès. Afin de donner à la randonnée une  image plus tonique que celle de la balade  pépère du dimanche après midi, il proposa de créer un parcours  balisé permanent  dans la forêt de Fausses Reposes à côté de Versailles. Or l’ONF, avec qui  la FFRP à une convention au niveau national s’y opposa. L’administration craignait un afflux massif de randonneurs susceptible de se mettre en danger à certains endroits et de dégrader l’environnement dans d’autres. ONF donna seulement son accord pour un parcours éphémère de 10 km. Environ 150 marcheurs se lancèrent alors sur ce premier itinéraire bosselé à souhait . Depuis la Bossapas n’ a cessé de gagner à la fois en longueur, en difficulté et en notoriété. Les organisateurs  y ont ajouté rapidement une boucle dans la forêt de Meudon pour atteindre les 25 km puis une autre de 10 km dans la forêt de Clamart.  Cette année la Bossapas proposait donc les  distances  de 25 et 35 km avec un dénivelé positif respectivement de 80 et 1200 m. Je m’y inscrivis pour une quatrième participation afin d’en découdre avec le plus long de ces itinéraires superbes en pleine nature, aux portes de Paris . Plus de 800 randonneurs se sont ainsi lancés graduellement depuis la gare de Chaville Rive Droite dès 7 heures du matin.  Randonneurs de club, individuels cherchant à se tester, sportifs accomplis visant  un chrono ou parachevant un entrainement de trail, chacun trouve dans la Bossapas l’occasion de dépasser ses limites ou simplement passer du bon temps en famille ou entre amis. Désormais une soixantaine de bénévoles gèrent le bon déroulement de ce rendez-vous annuel en septembre depuis la gestion des inscriptions en ligne et sur place, le tracé du parcours,  le ravitaillement jusqu’à la remise des diplômes . Et dire que jadis ce tracé était réalisé  à la main à partir de la carte IGN au 1:25.000e ! Le curvimètre suivait alors les courbes de niveau dont on faisait tant bien que mal l’addition pour atteindre les dénivelés escomptés. Depuis l’application IGN Rando permet un tracé rapide sur la même base topo numérique de Géoportail.

Grâce à mon expérience, je savais qu’il fallait bien gérer ce parcours éprouvant plutôt casse-pattes, et ce en terme d’effort, d’hydratation et d’alimentation. J’avais dû écourter mon programme une année précédente à cause d’un début de tendinite.

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Randonner dans l’Oise : game Auvers à Isle Adam !

Grand classique de la randonnée francilienne, ce bel itinéraire aux abords du Parc Naturel du Vexin vous entraînera sur quelques kilomètres le long de l’Oise vers le berceau de l’Impressionnisme, jusqu’à l’incontournable Auvers/Oise. Le petit bourg a pris depuis quelques années des allures de musée et vous n’échapperez pas au passage devant la résidence de Vincent Van Gogh. Une autre  balade  totalement dédiée à la peinture de cette période est préférable pour venir sur la trace des célèbres artistes séduits par la lumière de cette région . Cette randonnée très agréable de 24 km  assez facile alterne entre les parties boisées et des passages en plaine. Vous pourrez trouvez un peu de ravitaillement au besoin à Nesles-Vallée. Côté pratique, l’accès à ce parcours en boucle au départ de la gare  L’Isle Adam/Parmain, se fait depuis  la Gare du Nord. (Navigo ou Mobilis Zone 1-5).

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Rando Isle-Adam et Auvers-sur-Oise

Yvette ET ORSAY, duo de charme de la rando francilienne

Bien desservies par le RER B, la vallée de Chevreuse et celles des rivières du bassin de la Meauldre comme  l’Yvette ainsi que le plateau d’Orsay très boisé  constituent un formidable terrain de jeu pour les randonneurs d’Ile-de-France.  De nombreux  chemins parfaitement balisés vous permettront de tracer facilement une foule d’itinéraires dans cet espace à cheval sur les départements des Yvelines et de l’Essonne. Vous emprunterez  peut-être le GR655 Ouest qui  vous menera tout droit vers Compostelle ! Programme plus modeste, au départ de la gare du Guichet,  je vous propose ce magnifique parcours d’une vingtaine de kilomètres particulièrement varié pour en découvrir toutes les facettes. Lors de cette balade vous traverserez le campus d’Orsay, l’un des cinq sites de l’université Paris-Sud, qui s’étend sur la commune d’Orsay mais aussi de Bures-sur-Yvette et de Gif-sur-Yvette, dans l’Essonne, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Paris. Il accueille plus de 13 000 étudiants et 1 700 enseignants-chercheurs.  Ses nombreux bâtiments d’enseignement et ses 60 laboratoires de recherche se répartissent sur 200 hectares de bois contenant de nombreuses espèces rares (source Wikipedia). Lors de cette longue balade, vous découvrirez deux autres endroits originaux. Tout d’abord la carrière de  La Troche. Cette entreprise  appartenait à la famille Pigeon à la fin du XIXème siècle. Elle y employait 25 à 30 ouvriers dans la fabrication des pavés parisiens d’une vingtaine de tailles différentes.  Le travail s’interrompait au moment des moissons car les carriers, très souvent, étaient aussi ouvriers agricoles. La production était descendue à Paris deux fois par jour depuis la gare de Lozère, dès 1867, par des charrettes tirées par 3 chevaux et chargées de 120 pavés (environ 2 tonnes). Puis en 1891 elle fut acheminée  sur des wagons grâce à une voie supplémentaire créée pour les marchandises. La carrière ferma ses portes en 1937. Située  à l’intérieur du parc Eugène-Chanlon, elle fait désormais le bonheur des grimpeurs qui profitent des trois voies sécurisées de niveau 4 à 8. Hasard, l’autre site remarquable concerne aussi l’escalade mais d’une façon plus inattendue. Le viaduc des Fauvettes se situe dans le vallon verdoyant et sauvage du ruisseau d’Angoulême entre forêt de châtaigniers et prairies. Il s’agit d’un viaduc ferroviaire désaffecté depuis la guerre de 1939-1945 sur lequel passe désormais votre  chemin de randonnée. Ce viaduc est essentiellement constitué de meulière très caverneuse,  une roche qui a en effet permis le tracé d’itinéraires d’escalade originaux et très diversifiés ; l’ouvrage propose plus de 130 voies  de 10 à 36 mètres de hauteur, dont plusieurs réservées aux enfants..A vos gratons !

Malgré les apparences cette randonnée s’avèrera un peu sportive avec un dénivelé cumulé de presque 1 000 m et un nombre d’escaliers surprenant !

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Idée rando en Seine-et-Marne : boucle du Grand Morin

Le bassin de la Seine ne manque pas de cours d’eau pour organiser des randonnées rafraîchissantes les jours de grandes chaleurs . Voici donc une belle balade de 22 km en boucle au départ de la gare de Crécy-la-Chapelle en Seine-et-Marne . Les randonneurs parisiens y accèdent en train depuis la gare de l’Est (Navigo 5 zones -changement à Esbly).

 

 

 

Ce parcours  très agréable propose de nombreux passages boisés et suit le Grand Morin sur sa partie finale. Ne manquez pas de vous attardez à Crécy, pour découvrir notamment la rivière et ses petits pont privatifs. Cette randonnée du Grand Morin ne présente pas de difficultés. Vous pouvez imaginez quelques variantes pour allonger ou raccourcir cet itinéraire. Voici un autre parcours depuis cette gare Autre idée rando depuis Crécy

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Randonnée du Grand Morin (77)

 

 

 

 

Rando-découverte du Vexin depuis par Vaux sur Seine

Vaste de 60.000 ha , le parc Naturel du Vexin offre une infinité de parcours de randonnée. Voici un itinéraire de 25 km environ, une boucle au départ et à l’arrivée de la gare de Vaux-Seine. (Accès depuis la Gare St Lazare -Direction de Mantes-La-Jolie). Ce parcours vous fera découvrir les multiples facettes de cette région en circulant dans les vastes plaines céréalières. Vous découvrirez en chemin le célèbre château de Villette à Condécourt, lieu de tournage de nombreux films d’époque, ainsi que de beaux lavoirs bien restaurés. Ce sera l’occasion de visiter des églises de pur style roman. La première partie de cette randonnée se fait à découvert, mieux vaut donc prévoir chapeau et réserve d’eau conséquente  les jours  très ensoleillés. La seconde partie emprunte quelques routes et se déroule abritée en sous-bois. Cette randonnée pur Vexin n’offre aucune difficulté technique , elle n’emprunte que de faibles portions des GR 1 et 2,  mais davantage de PR (Chemins de petite randonnée) balisés en jaune.

La table rando de Longuesse

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Balade d’Yerres et d’aujourd’hui au fil de l’eau

Moins connue et plus sage que l’Essonne, l’Yerres prend sa source à Guérard au nord  du hameau de Courbon. Elle coule  ainsi des jours paisibles sur près de 100 km avant de rejoindre la Seine à Villeneuve-St-Georges (91). Ce bassin fluvial de 1 000 km2 soumis longtemps aux fortes crues s’assèche et fait désormais place à la poussée urbaine. La réserve de biodiversité issue des zones humides se réduit hélas d’année en année. Afin de préserver ce patrimoine et sauvegarder les traces de son histoire, la SYAGE (Syndicat mixte pour l’Assainissement et la Gestion des Eaux du bassin versant de l’Yerres) a participé à l’aménagement des berges et de plusieurs ouvrages : la Liaison Verte. Aujourd’hui le public profite d’une jolie balade d’un douzaine de kilomètres de Boussy-St-Antoine jusqu’à Montgeron (ou inversement !) à parcourir à pied ou à vélo. L’itinéraire balisé en jaune et rouge suit au plus près cette rivière paisible d’une profondeur de 1 à 6 m. A certains passages, elle se réduit à un ru, puis soudain reprend de l’ampleur au gré de ses méandres. Ici et là quelques pécheurs tentent leur chance entre les nénuphars. Les barques de jadis semblent endormies elles aussi sous les abris de bois. Il faut qu’une base de canoë apparaisse subitement pour nous  ramener au début du XIXe siècle, période où la Yerres fut un lieu de détente et d’inspiration pour les peintres impressionnistes comme Corot et plus encore Gustave Caillebotte. Son tableau des pagayeurs sur leur Périssoire est l’un de ses chef-d’œuvres. De 1860 à 1879, l’artiste et architecte naval mondialement connu séjourna sur les rives de l’Yerres dans une villa néo-classique  aujourd’hui restaurée à l’identique par une association de soutien et par le Mobilier national jusque dans ses moindres détails. Le parc ouvert au public et le potager à vocation pédagogique, animé par une vingtaine de jardiniers bénévoles,  attirent toute l’année de nombreux visiteurs en quête de verdure et les scolaires. Une petite orangerie et une ancienne ferme modernisée accueillent  régulièrement des expositions temporaires de peintres et sculpteurs. Cette longue promenade, plutôt boisée, reste comme une  étroite brèche de nature en pleine banlieue où il fait bon pique-niquer ou déjeuner à la terrasse du restaurant du Pavillon de l’île, à Brunoy. Parfois l’Yerres s’éparpille sous forme de petites îles reliées entre elles par une série de passerelles. Des vestiges de moulins, quelques barrages témoignent de son débit d’antan.

Enfin, nul besoin de voiture pour se rendre sur les bords de l’Yerres. La ligne D du RER et la ligne R SNCF desservent toutes les gares de ce parcours dont chacun modulera la distance… au gré de ses envies.

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Rando-story : le céréales killer a encore frappé

Chaude balade de 28 km par les plaines céréalières de l’Essonnes.

 Il était une fois, une horde de marcheurs qui foulait de son pas lourd tous les sentiers de la région depuis des années, au-delà des frontières de la ville.

Aucun chemin ne leur avait jusqu’alors échappé. Cette dernière décennie, ils ont parcouru plus de kilomètres cumulés que vous ne le ferez jamais. Rien ne semblait pouvoir les arrêter, ni la canicule, ni la pluie, ni le froid et encore moins des distances indécentes. Chaque dimanche, des trains grinçants venus des gares centrales de la mégapole les déposaient dans des lieux improbables, des banlieues oubliées ou parfois même au milieu de nulle part, en pleine forêt. Une fois débarqués sur le quai, un chef donnait ses consignes. Ce n’était jamais le même à chaque mission. Au moment du départ, peu d’entre eux connaissaient réellement le parcours imposé. Ils suivraient ce guide aveuglement, comme ils l’avaient toujours fait. A cet instant précis du briefing chacun se devait d’écouter ses consignes. Il était surtout question de discipline, de sécurité. Quel qu’il soit, le chef ne déviait jamais de sa mission et son engagement auprès de l’Assault, l’Organisation Centrale,  restait total : personne devrait manquer à l‘appel lors du retour programmé dans une autre gare, souvent sur une autre ligne. Lui seul en maitrisait l’heure. Ce jour-là, CB était de service, un mercenaire en ménage avec une sert-file frêle mais tenace, le type de créature qui ne vous lâche pas d’un œil  ni sur le terrain ni dans le train en pointant les adhésions. Avant  qu’il ait fini son discours rôdé durant sa formation de meneur

Pause sous un cèdre centenaire ..quelque part entre Dourdan et Etampes.

, des marcheurs avaient détourné leur attention du leader. Sa réaction immédiate fut cinglante : « Ecoutez  je vais vous emmener dans l’enfer du sud et durant ces 28 km, certains regretteront surement d’être venu ! » . Le groupe replongea quelques instants dans un  silence  de plomb et commença sa longue marche sous le soleil déjà haut. La réputation de CB avait fait le tour de tous les groupes. Tous connaissaient sa détermination, son professionnalisme mais aussi ses faiblesses devant une bonne table. D’emblée, il leur imposa un rythme rapide, ils traversèrent Dourdan sans y jeter un regard. L’asphalte des rues laissa vite place à la terre d’un sentier à la sortie de la ville. Les maisons de pierre disparurent peu à peu du décor, l’immensité s’ouvrait devant eux. Ils levèrent les yeux au sommet d’une ultime côte boisée et réalisèrent soudain le sens exact de la promesse de CB. Des champs de blé, d’orge, de seigle s’étendaient à perte de vue dans une platitude désolante alors que l’astre solaire ne cessait de monter, diffusant ses premiers rayons mortels sur la plaine. Les marcheurs novices échangèrent des regards inquiets, un vieux routard de l’Assault se redressa après l ‘effort, releva le bord de son chapeau délavé par les UV et murmura d’une voix lasse : «  Si vous le connaissiez pas, vous venez de comprendre pourquoi on surnomme ce mec  : Céréales Killer. Inutile de chercher l’ombre d’un arbre, il n’y en a pas. » Et d’ajouter avec un sourire narquois : « Allez, prenez en de la graine et consolez-vous car c’est le moment de se faire du blé ! » . La blague s’avéra aussi plate que les kilomètres se déroulant devant eux. Seuls les pylônes des lignes haute-tension avaient poussé dans ce désert agricole sans la moindre ferme à des lieues à la ronde.  Pas d’échappatoire, pas la moindre gare de repli, la seule issue sera pour tous de bouffer un maximum de distance avant la pause déjeuner puis d’atteindre Etampes… tous vivants. Ils marchaient ainsi depuis plus de trois heures, soit près de 15 kilomètres, lorsqu’un premier bosquet digne de ce nom leur offrit enfin suffisamment d’ombre pour planter le camp. Epuisés, ils se jetèrent sur le sol pour reprendre des forces. Une fois calés avec des rations de survie en milieu hostile, la plupart d’entre eux tombèrent dans un semi-sommeil. Ici un homme à demi-dénudé et bavard rompait le silence réparateur. Là, un autre plus rond resservait son sempiternel tour de taï  dans l’indifférence collective. CB s’était endormi, à quelques pas une marcheuse solitaire s’agitait à l’orée du bois en luttant sans espoir contre les insectes attirés par une tunique bariolée peu adaptée au camouflage. Enfin, le leader sortit de sa léthargie digestive, consulta sa montre, jeta son regard d’expert sur la carte IGN au 1:25.000e et lança à l’assemblée : «  Il nous reste 12 à 13 km ; vous avez trois minutes pour vous bouger ». Ils relacèrent leurs godillots, bouclèrent leurs

L’Essonnes, le GR111 .. et son relief !

besaces allégées du repas et s’enfoncèrent dans un sous-bois providentiel. Le matheux de service calcula que cette distance restant allaient prendre près de trois heures d’efforts supplémentaires. Un marcheur averti déclara plein d’espoir : « Selon mes infos, avec un peu de chance, on chopera le train de 17h30. » CB se moquait des infos des uns et des autres. Il n’était pas du genre à courir après les trains. Le taux d’humidité avait soudain grimpé sous la couverture nuageuse, l’orage menaçait au loin. Quelques gouttes laissèrent même croire un instant que l’heure tant attendue de délivrance de la chape thermique allait sonner, mais en vain. Les derniers kilomètres dans les faubourgs d’Etampes torturaient les membres échauffés, le niveau des gourdes avait atteint un seuil critique et cette p… de gare n’arrivait toujours pas. Lorsqu’en fin ils aperçurent la structure du hall en contre-bas, ce fut pour constater le départ d’un train… leur train. La horde aguerrie n’en était pas à son premier déboire au terme d’une épopée sauvage. CB les regarda les uns après les autres. Certains avaient leur compte et ne rêvaient que d’un retour immédiat. Les autres connaissaient la marche à suivre en cas de coups durs du destin. Toutefois, Céréales Killer s’empressa de rappeler la maxime aux moins affutés face à l’adversité : « Eh l’Essonnes of a …, quand il y déboire ? Y a plus qu’à aller boire . Et quitte à bouffer des céréales autant finir par le houblon ! » . C’est à cette réactivité devant l’imprévu que l’on reconnaît les vrais leaders, cette trempe qui pousse le marcheur au delà de ses limites et au bistrot le plus proche le moment venu. Ils n ‘étaient plus qu’une poignée sur la terrasse du troquet. CB n’avait cure de leur fatigue du jour, de leurs douleurs du lendemain, persuadé qu’ils le suivraient un autre dimanche vers de nouvelles aventures, loin de l’univers de béton qui les oppresse, au travers d’autres champs, par d’autres vallées d’Ile de France.

The End.

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Avertissement : Toute ressemblance  dans cette fiction avec des personnes réelles ou ayant existé ou une association de randonnée ne serait que forfuite.

Randonneurs, mettez-vous à la Brie !!

Encore une idée de balade de gare à gare ? Après explorer le sud de la Seine et Marne,  rendez-vous aux alentours de Coulommiers, à la gare de Marles-en-Brie pour une randonnée de 23 km qui vous conduira jusqu’à celle  de Verneuil-l’Etang. Vous pouvez laisser les bâtons à la maison car le paysage a du mal à prendre de l’altitude dans cette région. A votre programme, de longues traversées de plaines agricoles et ici et là quelques jolis châteaux. Celui de Fontenay-Trévigny  très abimé est en court de réhabilitation. D’autres  comme le château du Vivier accueillent séminaires et autres évènements.  Vous êtes dans le Val Briard, une région verdoyante qui subit elle aussi les assauts de l’urbanisation individuelle avec plus ou moins de bonheur. Vous traverserez de gros bourgs paisibles. N’espérez pas trop trouver un bar ouvert le We, prenez donc vos précautions côté ravitaillement. Ce parcours est agréable en toutes saisons  même s’il comporte toutefois d’inévitables et nombreux passages sur route.

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Rando vins et .. naufrage !

Avertissement Eloignez les enfants de l’écran, cet article peut en effet causer des traumatismes irréversibles sur les jeunes sujets les plus sensibles ou les pousser sur un mauvais chemin. Ce qui, pour de futurs randonneurs, serait totalement néfaste.

Soyons clair, cette randonnée vins et fromages était clairement préméditée. On pourrait même ajouter qu’elle fait partie d’une tradition lointaine datant probablement de la création du club Sport et Nature. Ce n’est plus un secret, ce rendez-vous annuel est orchestré depuis longtemps par nos deux passionnés d’œnologie, Stéphanie et Christian. Notez au passage qu’ils occupent les deux postes les plus élevés de l’association : présidente et secrétaire. Les plus naïfs n’y verront qu’une simple coïncidence.

Lors de cette édition 2019, Christian avait choisi de nous embarquer dans la forêt de Dourdan, département de l’Essonne. Afin d‘attirer un maximum d’adhérents dans ce qu’il convient d’appeler un traquenard, il n’avait pas hésiter à limiter volontairement la distance à 18 km. Sachant que nos randonnées ne sont jamais inférieures à 20 km… Je vous laisse juger. Résultat : la participation battit presque un record avec 49 personnes dont de tout nouveaux candidats à l ‘adhésion venus tester le sérieux de Sport et Nature. Pour une première randonnée et vu l’image assez « spéciale » offerte par l’association, nous ne sommes pas certains de les revoir un jour !

A peine neuf kilomètres parcourus depuis la gare de Dourdan, nous arrivons dans une clairière au milieu de cette forêt. Alors que dans 98 % des cas nous pique-niquons à même le sol, deux tables nous attendaient comme par miracle, en pleine nature. Lorsque des adhérents, probablement complices, ont étalé des toiles en guise de nappes, j’ai soudain réalisé que l’on ne sortirait pas indemnes de ce déjeuner piège.

Marie-françoise et Carole sous perfusion.
Christian, l’instigateur et meneur de cette rando Vins et Fromages Sport et Nature

En quelques minutes, le « plop » des nombreux bouchons extraits des goulots couvrit le chant des oiseaux. Les effluves de dizaines de fromages sortis de leur emballage provoquèrent la disparition immédiate de toutes espèces d’insectes dans un rayon de dix mètres. Puis les tables disparurent sous divers plateaux de ces produits laitiers, sous une forêt cette fois de bouteilles aux multiples couleurs dont les étiquettes aguichantes mentionnaient année et origine. Après cette pétarade de « plop », des vins se répandirent alors dans toutes sortes de verres allant du simple gobelet en plastique aux modèles incassables sur pied, en passant par ceux offerts par la FFRP lors de réunions de marcheurs, objets à la vocation ambiguë d’une fédération de loisirs apparemment sans vices. Différents couteaux sortirent des sacs afin de découper les victuailles : kits en plastique bon marché, combinés lame et cuillère inox, Opinel, armes de survie etc. Des pains de toute nature furent ainsi débités fébrilement et recouverts de fromages à l’appellation connue des seuls experts, à part le reblochon, le camembert et le gruyère, puis engloutis. Au fur à mesure que les verres se vidaient, des randonneurs – serveurs volontaires – les remettaient à niveau. Les adhérents les plus vulnérables, c‘est-à-dire les moins entrainés, criaient grâce sans conviction ou se resservaient eux-mêmes. Un nuage de vapeur éthylique semblait planer au-dessus des convives. Les conversations et les débats se firent de plus en vifs. J’écoutais d’une oreille distraite l’alternance de sujets confus allant du millième récit des Bronzés, de l’influence du Brexit, jusqu’aux divergences sur les gilets jaunes. Le vin déliait les langues, libérait des polaires les corps engoncés, les êtres se rapprochaient mêmes au point de se toucher ; l’atmosphère d’habitude si chaste devint carrément sensuelle. Il fallut bien deux heures pour venir à bout de tout, ou presque. Une file de randonneurs de l’Essonne passa rapidement, refusant de vider les derniers fonds en invoquant un impératif de timing bidon. Notre copine Anaïs s’en chargea !

Des restes de fromage allaient retourner dans les sacs à dos. Quant aux cadavres de verre, on en dénombra fièrement 18 ! Ils furent alignés au pied d’un chêne et chacun immortalisa la scène, histoire de dire : j’y étais. L’imposant groupe redémarra quand même, mais se disloqua rapidement sur plusieurs centaines de mètres sous l’effet combiné de la digestion et du mélange rouge-blanc-rosé à haut risque. Après le virage à angle droit d’un sentier non balisé, le téléphone de Christian sonna. Au bout du fil, Corinne, sa campagne l’informait qu’une vingtaine de marcheurs avaient perdu le groupe dont nous étions. Et soudain alors que la plupart des randonneurs du peloton de tête était affalés sous un soleil voilé, dans état proche de la sieste, elle est arrivée triomphante, avec dans ses pas les naufragés du chemin. De qui s’agissait-il ? De Geneviève bien sur, la natte au vent, caparaçonnée d’un sac-à-dos chargé de son siège pliant légendaire et du célèbre parapluie ayant subit mille tempêtes. L’ovation fut à la hauteur du sauvetage, en fait le deuxième exploit de la journée. Car elle seule disposait d’une carte et d’un sens de l’orientation suffisant, d’une part pour retrouver à midi le groupe en plein bois alors qu’elle avait raté son train, d’autre part pour le secourir l‘après-midi venu.

Inoxydable et infatigable, Marnia profita de quelques dénivelés pour se défouler en courant dans les descentes, Anaïs était passé en pilotage automatique et je luttais comme beaucoup d’autres contre une mollesse tenace. A ce moment de la randonnée, c‘est-à-dire les quatre derniers kilomètres, les questions viennent généralement assaillir le guide, dont l’incontournable : « Combien on a fait et combien il nous reste ? » Et c’est là que l’on reconnaît tout le talent, l’habilité, l’expérience, la psychologie d’un bon guide comme Christian. Alors qu’il nous avait vendu l’affaire pour 18 km, en moins d’une heure il passa de 19 à 20 pour finir à 21 km à la gare de Dourdan ! Le fameux bonus Sport et Nature. La Rando Vins et Fromages avait une fois encore tenu toutes ses promesses de convivialité imbibée et bouche pâteuse en honorant les richesses de nos terroirs vinicoles et nos trésors fromagers. Hips

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