Comment organiser son GR34 en solo

Le  GR34,  « Le sentier des douaniers », une belle aventure.

Le GR34 est régulièrement entretenu par les associations locales
Le GR34 est régulièrement entretenu par les associations locales

Regardez ce splendide tracé torturé le long du littoral,  il suit la côte bretonne au plus près, de crique en crique, il relie les ports , il contourne les falaises ou traverse les plages de sable fin, il longe les barres rocheuses bordées de landes où nichent les oiseaux de mer. Rien d’étonnant à ce que le GR34 soit aujourd’hui un des chemins de Grande Randonnée parmi les plus connus, celui qui suscite encore le rêve, l’évasion.  Il est courant de le débuter depuis  Vitré , puis de rejoindre le Mont Saint-Michel et de l’achever au Golfe du Morbihan  par le Tour du Parc. L’accès à ce sentier côtier devenu mythique est aussi une belle histoire . Il a fallu toute la détermination et la ténacité de passionnés pour que cette randonnée nous soit offerte.

Voici quelques dates clef qui ont marqué la création du GR34 :

* 1968 : premier sentier de grande randonnée entre Beg Leguer et Pors Mabo, à côté de Lannion (Côtes-d’Armor).

* 1976 : loi qui fait que « Les propriétés riveraines du domaine public maritime sont grevées sur une bande de 3 mètres de largeur pour laisser, d’une servitude de passage destinées à assurer exclusivement le passage des piétons. »

* 1978 : création de la Fédération française de la randonnée pédestre en Bretagne.(FFRP)

* 2008 : le GR 34 est ouvert sur toute sa longueur.

Emile Orain est à l'origine de l'ouverture du GR34 en 1968 . Il s'est battu auprès des propriétaires afin qu'ils cèdent 3 m de leur terrain pour permettre le passage.
Emile Orain est à l’origine de l’ouverture du GR34 en 1968 . Il s’est battu auprès des propriétaires afin qu’ils cèdent 3 m de leur terrain pour permettre le passage.

Lors de ce périple entre Perros-Guirec et Morlaix, le hasard a voulu que je croise une mamie et un papy sur la rive du Leguer à Lannion. Chaussures de rando et déambulateur, le vieil homme accompagnée de son épouse Marie-jo faisaient leur balade quotidienne. Admiratif, je décidais d’engager la conversation. En quelques mots j’appris que l’homme a 92 ans, il  s’appelle Emile ORAIN, un marcheur engagé à l’origine du GR34 et militant pour développement des Auberges de Jeunesse après-guerre .Hasard des rencontres !

Mon 3e GR de Perros-Guirec à Morlaix  . 135 km, en solo et  6 jours,  en camping.

Le parcours de rando  le plus « sportif » de Bretagne

Dès mon arrivée à Perros-Guirec, j’avais déjà oublié qu’un GR digne de ce nom reste un chemin praticable et préserve la sécurité du randonneur . A ma descente du bus pris à la gare de Lannion, je suis engagé sur la plage de Trégastel, une bande rocheuse totalement casse-gueule, avec un sac à dos de 12 kg !  La suite s’est beaucoup mieux déroulé. Rassurez-vous, je ne vais pas dans ces lignes vous infligez la description topologique de la totalité de cette randonnée de 6 jours . Je vous laisse le soin de la découvrir sur les schémas ci-joints. Je préfère partager avec vous cette nouvelle expérience sur ce GR en vous livrant quelques trucs et conseils sur l’organisation de votre randonnée, en répondant aux quelques questions existentielles du marcheur moyen en territoire breton.    Suivre et télécharger la trace GPS au format  .gpx de ce parcours cliquez ICI

Quelle préparation physique ?

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Malgré les apparences, le GR34 est physiquement épuisant au bout de la journée. Le cumul de dénivelé, le vent et parfois la pluie demandent une bonne préparation physique et un équipement complet.

le profil de Perros-Guirec à Morlaix illustre à lui seul le dénivelé du GR34

Si vous êtes un bon randonneur, ce tronçon ne vous causera pas trop de difficulté. Pourtant, une  telle randonnée en autonomie implique de porter un sac à dos de plus de 10 kg (je décris plus loin cet aspect matériel) . Donc, il vaudra mieux faire quelques sorties chargé histoire d’habituer votre fragile constitution à ce nouveau paramètre. Toutefois certains tronçons passent par des falaises et une infinité de criques à contourner. Résultat , le dénivelé cumulé quotidien peut vite devenir impressionnant, de 500 à 1500 m par jour ! ce parcours Montagnes Russes peut s’avérer plus dur qu’une sortie  classique en montagne avec ses montées longues et régulières. Le tronçon Locquirec- Saint-Jean du Doigt, authentique dentelle bretonne,  brodées sur des kilomètres de falaises et de pointes rocheuses, fut vraiment dur .

Comment  accéder  et revenir du GR34 ?

Etant parisien, j’ ai choisi le train . Le TGV dessert les gares de Rennes, St Brieuc, Lannion, Morlaix, Roscoff, Brest, Quimper ..etc. Il suffit alors de prendre le car pour rejoindre votre point de départ . Les réseaux bretons  fonctionnent plutôt bien. Le site Breizhgo.com est un must , il vous aidera à planifier vos déplacements avec tous les moyens de transports.  Vérifiez cependant les horaires d’été et ceux du week-end. J’ai également testé l’auto- stop. Soyez patient et positionnez vous sur une portion de route où les véhicules puissent s’arrêter sans danger.

Quand partir ?

Le climat vivifiant breton impose parfois quelques pauses « séchage » !

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La multiplication des crêperies risque de vous faire prendre de nombreuses heures de retard sur votre planning !

Quand vous pouvez ! Il convient toutefois de vous souvenir que vous êtes en Bretagne. La majeur partie des dépressions Atlantique arrive sur l’Europe par cette jolie et verte région. Cela signifie vent et pluie et parfois froid. Pour ma première expérience en 2013 sur le GR34, j’étais parti comme une flèche à la mi-avril depuis le Mont Saint-Michel, en camping, comme un touriste. Le crachin breton, les plages désertes et les campings fermés ont eu raison de mon inconscience. Je me suis réfugié à l’Auberge de jeunesse de Saint-Malo. Après seulement deux jours je suis ainsi rentré à Paris avec le goût amer de l’échec. Je suis reparti pour un second tronçon depuis St Brieux vers le Cap Fréhel avec mon fils, toujours en camping. Trois jours plus tard, mon ado se faisait une entorse. Retour à la case départ. Au delà de ces anecdotes, je vous conseillerais de partir minimum en mai ou juin. et jusqu’à la fin septembre . Au moins les campings sont ouverts.

Quel matériel emporter ?

Le GR34 en camping mérite d’investir dans du matériel léger. Ici une tente Vaude Power Lizard pour 1 à 2 personnes ne pèse qu’1 kg. Tapis de sol alvéolé Therm A Rest (400gr)

mon camping
Privilégiez du matériel très léger, quitte à casser votre tire-lire.

Un kilo qui ne sert à rien est un kilo en trop et qui se paie cher . Pour l’occasion et ce parcours de Perros-Guirec à Morlaix, j’ai repris mon sac Osprey de 50 litres.  N’hésitez pas à investir dans les équipements ultra légers . Ayant choisi le camping, ôté couchage, j’ai acheté deux ans auparavant une tente Vaude Power Lizard , 2 places, 1 kg, 280€ tout de même, un vrai bonheur, duvet Cumulus polanais, tapis de sol Therm A Rest .. 3 T-shirts, 3 slips., doudoune légère Patagonia  un seul pantalon transformable et une trousse de toilette minimum. N’oubliez pas l’indispensable corde à linge et une paire de tong pour le soir. Côté pluie : ayant horreur des capes, j’ai opté pour du top : veste de montagne Arc’Terix et pantalon respirant Vaude. Ajoutez 2 bâtons de marche, vraiment utile vu le profil « Montagnes Russes » du parcours. Chaussures ? je marche depuis longtemps avec des tiges basses, doublure Gore-tex. Ceux qui ont les chevilles fragiles peuvent adopter des tiges hautes au médium. Des semelles rigides et en parfait état sont conseillées car le GR comporte parfois des zones rocheuses à franchir. L’expérience  acquise sur mes deux chemins de Compostelle m’a été ici très utile du point de vue logistique. Malgré tout , impossible de descendre sous les 12 kg , poche à eau de 2 litres et petite réserve d’encas . J’ai même réexpédié plus d’un kilo par la poste. (livre, couverture de survie, pantalon, chemise..)

Comment se repérer sur le parcours ?

Le tronçon Perros-Guirec à Morlaix passe sur une large portion de la Côte de Granit Rose, puis par celle du Trégor.  J’ai renoncé à l’achat du Topoguide en question  pour investir dans les 2 cartes IGN au 1:25.000e ( 714OT et 615ET – 11, 60 €/carte). S’il est difficile de se perdre sur ce sentier littoral , en revanche ces cartes peuvent vous faire gagner du temps, quelques kilomètres et des forces si vous devez aller en ville pour acheter de la nourriture, trouver une pharmacie, ou encore lorsque le sentier est dévié pour X raisons (propriétés closes, éboulement, etc..). Enfin, emportez votre smartphone.

L’App Iphigénie permet une localisation immédiate sur smarphone

C’est un gage de sécurité en cas de tuile et l’application Iphigénie (IGN- IOS ou Android -30€/an toutes cartes de France + Espagne) vous permet de vous localiser parfaitement.  Les terrains de camping sont également mentionnés sur les cartes et l’Appli. Bien pratique. Le GPS pompant gravement sur la batterie, j’ai emporté un accu supplémentaire de 11.000 mah que je rechargeais la nuit dans le bureau d’accueil des campings. Conseils :Utilisez votre smartphone en Mode Avion pour économiser de l’énergie,  supprimer les app ouvertes en fond. Mettez  uniquement la fonction GPS sur Iphigénie pour vous repérez ou enregistrer la trace.

Où manger et où dormir ?

creperiesCertains randonneurs optent pour le camping sauvage. il est totalement interdit sur les plages mais on arrive à dormir dans la nature avec un peu de bon sens et de la discrétion. Pour ma part, j’ai donc opté pour les terrains de camping privés ou municipaux . En plein mois de juillet , je n’ai jamais eu le moindre problème de place. Ce choix est un peu plus contraignant car il faut planifier les étapes. En revanche, il permet de se doucher , laver ses fringues et grignoter au bar. Qui dit autonomie totale, dit aussi sac plus lourd . Voyageant en solo et le chemin étant peu fréquenté, c’est bon d’avoir un peu de lien social le soir ! Côté budget : le camping municipal en juillet vous coûtera entre 8 et 11€ la nuit/personne . Un terrain privé de 2 à 4 étoiles  revient de 13 à 16 €.  D’autres randonneurs plus argentés vont dans les chambres d’hôtes et les petits hôtels . Ces établissements ne sont pas forcément sur le GR . Des randonneurs se partagent des taxis, d’autres partent à deux voitures pour  organiser les liaisons. Dans tous les cas, mieux vaut réserver. La bouffe ? Vous pouvez faire vos achats de nourriture dans les épiceries et fréquenter les divines crêperies, les restaurants de fruits de mer..Pour ma part, j’ai dépensé en camping environ 30 à 35 euros/jours, avec les bières !

GR 34 : 42 tronçons pour une randonnée de 1700 km entre mer et terre

Pour parcourir le GR34 dans son intégralité, il vous faudra marcher durant environ 1700 km , donc pendant plusieurs semaines . Généralement, les randonneurs le font par tronçons chaque année suivant leur disponibilité.  Personnellement j’en suis à ma troisième rando sur le GR34.  Chacun marche à son rythme et cale ses étapes suivant le mode hébergement choisi . (hôtel, gites, chambre d’hôte, camping sauvag ou non. Vous trouverez ci-dessous à titre d’ exemple de découpage du sentier en 42 étapes type.

(En bleu mon parcours cette année)

Tronçon 1 : De Vitré à Fougères (3 jours / 71 km)

Tronçon 2 : De Fougères à Antrain (3 jours / 56 km)

Tronçon 3 : D’Antrain au Mont-Saint-Michel (2 jours / 36 km)

Tronçon 4 : Du Mont-Saint-Michel à Cancale (3 jours / 61 km)

Tronçon 5 : De Cancale à Saint-Malo (2 jours / 32 km)

Tronçon 6 : De Saint-Malo à Saint-Jacut (2 jours / 43 km)

Tronçon 7 : De Saint-Jacut aux Sables-d’Or-les-Pins (3 jours / 54 km)

Tronçon 8 : Des Sables-d’Or-les-Pins à Saint-Brieuc (3 jours / 68 km)

Tronçon 9 : De Saint Brieuc à Paimpol (4 jours / 75 km

la magnifique station balnéraire de Trébeurden

Tronçon 10 : De Paimpol à Tréguier (4 jours / 68 km)

Tronçon 11 : De Tréguier à Perros-Guirrec (3 jours / 44 km)

Tronçon 12 : De Perros-Guirrec à Lannion (4 jours / 68 km)

Tronçon 13 : De Lannion à Saint-Jean-du-Doigt (3 jours / 57 km)

Tronçon 14 : De Saint-Jean-du-Doigt à Morlaix (2 jours / 34 km)

Tronçon 15 : De Morlaix à Roscoff (2 jours / 47 km)

Tronçon 16 : De Roscoff à Brignogan-Plage (3 jours / 64 km)

Tronçon 17 : De Brignogan-Plage à Lilia (2 jours / 39 km)

Tronçon 18 : De Lilia à Saint-Pabu (3 jours / 49 km)

Tronçon 19 : De Saint-Pabu à Lanildut (2 jours / 36 km)

Tronçon 20 : De Lanildut à Conquet (2 jours / 34 km)

Tronçon 21 : De Conquet à Brest (3 jours / 40 km)

Tronçon 22 : De Brest à Faou (3 jours / 43 km)

Tronçon 23 : De Faou à Lanvéoc (2 jours / 38 km)

Tronçon 24 : De Lanvéoc à Kerloc’h (2 jours / 27 km)

L’occasion de découvrir la richesse du patrimoine breton : calvaires, chapelles, oratoires, enclos

Tronçon 25 : De Kerloc’h à Douardennez (4 jours / 72 km)

Tronçon 26 : De Douardennez à Cléden-Cap-Sizun (2 jours / 49 km)

Tronçon 27 : De Cléden-Cap-Sizun à Audierne (2 jours / 36 km)

Tronçon 28 : D’Audierne à Saint-Guénolé (2 jours / 47 km)

Tronçon 29 : De Saint Guénolé à Pont-l’Abbé (2 jours / 34 km)

Tronçon 30 : De Pont-l’Abbé à Concarneau (3 jours / 60 km)

Tronçon 31 : De Concarneau à Pont-Aven (2 jours / 44 km)

Tronçon 32 : De Pont-Aven à Pouldu (3 jours / 65 km)

Tronçon 33 : De Pouldu à Lorient (2 jours / 38 km)

Tronçon 34 : De Lorient à Plouharnel (3 jours / 54 km)

Tronçon 35 : De Plouharnel à Plouharnel (Presqu’île de Quiberon) (2 jours / 55 km)

Tronçon 36 : De Plouharnel à Crac’h (2 jours / 28 km)

Tronçon 37 : De Crac’h à Crac’h par Locmariaquer (3 jours / 34 km)

Tronçon 38 : De Crac’h à Larmor-Baden (2 jours / 34 km)

Tronçon 39 : De Larmor-Baden à Vannes (3 jours / 40 km)

Tronçon 40 : De Vannes à Séné (2 jours / 29 km)

Tronçon 41 : De Séné à Arzon (3 jours / 68 km)

Tronçon 42 : D’Arzon au Tour-du-Parc (2 jours / 50 km)

Remarque : Les distances mentionnées peuvent paraître très/trop courtes pour certains marcheurs entraînés. Ne pas se fier à ces apparences trompeuses. Le GR34 ne présente pas de grosses difficultés mais son profil très « torturé » lui confère des dénivelés parfois éprouvant. J’y reviendrais plus loin sur la partir Perros-Guirec- Morlaix que je viens de terminer.

Le Camino portugais – Le chemin de Compostelle aux trois visages.

Pèlerin addict-multi-récidiviste, je suis reparti en compagnie de mon amie allemande Sabrina vers Saint-Jacques de Compostelle depuis Lisbonne du 1er avril au 4 mai 2015. Une marche de 650 km sur les chemins pavés, les routes bitumées, les sentiers perdus dans les forêts d’eucalyptus. Après une première sur le Camino de Francès l’an dernier, ce voyage du Portugal à l’Espagne fut totalement différent. Et voici pourquoi.

DSCN1715Dans l’histoire des chemins de Compostelle, le Camino portugais fait partie des plus anciens. Au-delà du sacré, la via Lusitana crée par les Romains fut jadis un axe important de pèlerinage mais aussi d’échanges entre l’Espagne et le Portugal et ce durant des siècles. Aujourd’hui ce chemin vers Santiago suit le même itinéraire que celui du pèlerinage de Fatima. Le fléchage est jaune pour rejoindre la Galice et bleu pour se rendre au sanctuaire de Fatima. Je reviendrais sur cette étape.

Le Camino Portugais peut débuter du sud du pays en Algarve mais la plupart des guides le décrivent en détail depuis Lisbonne. Pourtant la majorité des pèlerins préfèrent partir de Porto, surtout s’ils ne disposent que de 10 jours, soit 264 km, ou s’ils sont effrayés par les 670 km depuis la capitale. Mais pas seulement ! On y vient. Pas question de la jouer petits bras, nous avons opté pour la longue distance. On a donc misé sur 29 jours de marche et 5 jours de plus pour s’assurer de reprendre l’avion au 5 mai et poursuivre jusqu’au cap Finisterre situé sur l’Atlantique à 80 km de Saint-Jacques.

Au fil des kilomètres nous allons en fait découvrir les trois visages du camino Portugais. Voici avec objectivité, j’espère, ce qui vous attend sur les portions suivantes :

Lisbonne-Porto. Entre enfer et paradis

DSCN1503 Les trois premiers jours depuis Lisbonne ?? Un doux enfer de nationales bruyantes et dangereuses. Et quelques lieux paisibles aussi !

Si la sortie de Lisbonne le long du Tage et en traversant le beau quartier né lors l’exposition universelle de 1998 est très agréable, nous sommes vite rentré dans le dur voire dans un véritable enfer .Durant trois jours, la camino n’est qu’une succession de routes nationales Sous un bon cagnard, il a fallut encaisser les bretelles d’autoroute et les camions derrière les rails de sécurité, les routes nationales avec leur flot de bagnoles, les zones industrielles mal fléchées. Sur les petites routes de campagne, cette marche deviendrait même dangereuse. Certains tronçons auraient d’ailleurs été déviés vu le nombre de personnes fauchées par des chauffards, notamment des pèlerins pour Fatima. Ce réseau routier n’est non seulement bruyant mais également sale par endroits. Les décharges sauvages ne sont plus. Cela dit, le voyage prend une toute autre saveur lorsqu’on arrive dans les petites agglomérations. En fait cette partie n’est qu’une succession de villages ou de bourgs. Non pas pour leur charme mais pour l’accueil exceptionnel que nous réservent les Portugais. Il suffit qu’ils entendent trois mots de Français pour qu’ils engagent la conversation et vous racontent leur vie. Au Portugal, personne ne nous a dit Buen Caminho , mais uniquement Buen viaje (bon voyage) . Les orangers sont à portée de mains, on fait discrètement son marché pour de se désaltérer de deux trois fruits juteux. A moins que ce soit les habitants qui vous en donnent un kilo histoire de vous plomber d’un kilo de plus. Et puis, on partage d’avantage le quotidien des portugais , avec notamment des restaurants populaires délicieux , copieux et en plus très bon marché . Un repas avoisine ici les 8€ avec du pinard ! Le passage par Fatima ne mérite vraiment le détour. Le sanctuaire ressemble à un immense stade sans vie encerclé de parkings et de boutique de souvenirs chargés de tous les ustensiles religieux du marché . La foi se mesure ici en nombre de cierges payants brûlés en file indienne devant un four. Asphalte, pavés, routes , cette portion du Chemin portugais s’avère un peu ingrate et douloureuse pour le corps. Rien d’étonnant si nous n’avons rencontré qu’une dizaine de pèlerins sur tout le trajet. Les possibilités de logement sont bien plus rares que sur les autres caminos. Alors il faut bien gérer la longueur de ses étapes. Evidemment, il convient de passer quelques nuits chez les Bombeiros , les pompiers volontaires. L’accueil y est très sympas. Du vrai dortoir à la salle de gymnase avec douches froides, les casernes n’offrent pas toutes le même confort ! De toute évidence les Portugais ne connaissent pas le camino vers Compostelle, ou très peu, mais feront tout pour vous aider à le retrouver. Un jour, suite à une erreur de fléchage, ou nouveau fléchage, on s’est retrouvé très éloignés de notre destination, avec 25 km déjà au compteur. Et bien les employés de la voierie nous ont commandé un taxi ! C’est le Portugal.

De Porto à Tuy (Espagne) – la beauté retrouvée

DSCN1533 La ville de Porto marque le point de départ d’un nouveau camino. A vous de choisir entre trois itinéraires : la côte, le centre ou un chemin plus à l’Est .

L’arrivée à Porto est marquée d’un superbe point de vue sur le fleuve Minho. Bâtie sur une immense et majestueuse colline, la ville étage ses maisons colorées jusqu’au port. Son charme en fait une destination touristique prisée. On y vient de toute l’Europe pour un WE. Il fait bon y flâner, déguster des pâtisseries ou les très bons vins locaux. Vous y trouverez de petites pensions entre 20 et 30 euros en oubliant pour une nuit la promiscuité des albergues. C’est ici que commence un tout autre camino. Voire trois ! caminos. Les pèlerins espagnols et internationaux y sont plus nombreux. Tôt le matin certains quittent la ville en longeant le fleuve pour rejoindre la côte . Ce «  Caminho da Costa » arrive même à Santiago. L’autre solution consiste à emprunter une seconde voie : le caminho central, celui-même décrit le plus souvent dans les guides. Enfin, il existe une troisième voie : le « caminho de Braga » qui passe le plus à l’Est . Lors d’une rencontre avec un pèlerin allemand, celui nous a suggéré de ne suivre la côte que deux jours, le central étant plus intéressant. Ce littoral portugais n’a rien d’extraordinaire. Les plages s’y succèdent dans une litanie de cafés cubiques et on se met à rêver de falaises . Toutefois, pour protéger la dune, il est aménagé d’un chemin en planches très agréable et des panneaux pédagogiques nous font découvrir le caractère de la flore locale. Nous avons quitté le bord de mer à Vila de Condé pour rejoindre Ratès. Et là le chemin n’est plus balisé ou alors illisible. Tous les pèlerins qui ont fait ce choix ont galéré. Nous y compris ! Pour l’anecdote, on s’est paumé dans une zone industrielle, le long d’une nationale menant à Ratès ..peut être ! En désespoir de cause et une rien énervé , je décide alors de faire du stop. Sans trop de succès. Gros coup de chance, un couple passe derrière nous sur le parking et propose de nous déposer ! Cela nous a évité ce jour-là une marche de 8 km en ligne droite le long de la Nationale. Sachez que ces trois chemins se croisent par deux fois, dont une à Ponte De Lima. Le passage dans cette ville fut un pur bonheur. C’est un endroit d’une quiétude sublime et d’une rare beauté. Un pont romain enjambe cette rivière où les espagnols se baignent l’été , une douce musique plane sur la ville et c’est un délice de prendre des verres en terrasse ou se balader sur les rives aménagées. Changement de décor, les forêts d’Eucalyptus se font plus nombreuses, les sentiers remplacent les routes et les villages dévoilent enfin leur charme. Néanmoins de nombreux tronçons pavés mettent à rude épreuve les jambes du marcheur.

De Tuy à Santiago : le tronçon espagnol du voyage très « Camino » 

DSCN1740 La partie Porto-Santiago ne nécessite que 10 jours de marche. Le décor y est somptueux et doté d’un riche patrimoine historique . Il existe même une variante dite « spirituelle » pour y découvrir quelques beaux monastères et églises.

La ville fortifiée de Tuy sera l’occasion de marquer le pas. C’est un bonheur de se perdre dans les ruelles médiévales. Il n’existe que peu de pensions mais les albergues sont très accueillantes. Dès la sortie de cette enceinte, on sent déjà les prémices de la Galice. Tout devient verdoyant , plus vallonné aussi . On retrouve le côté nature et calme qui font aussi la beauté d’un chemin vers Compostelle. Après Redondella, le pèlerin pourra emprunter une voie « plus spirituelle » en se rapprochant de la côte. Nous sommes bien Espagne car le balisage devient plus précis. Les bornes kilométriques informent de l’arrivée progressive vers le but . Soulagement ou angoisse selon votre état d’esprit ! les publicités pour les albergues se multiplient et l’offre est pléthorique. On sent que les Espagnols ont développé toute une économie autour du chemin alors que les Portugais s’avèrent un peu moins motivés ou organisés. Après tout tant mieux. Bref , bienvenue sur le Camino, celui que j’ai connu sur le Francès. Les pèlerins authentiques affluent gentiment vers St Jacques et les « touristes se concentrent sur les 100 derniers kilomètres . Cinq tampons suffisent pour récupérer une Compostella et vivre son heure de gloire. Facile de les reconnaître, ils prennent le bus et sont logés le plus souvent dans les meilleurs hôtels . Mais ils souffrent comme nous tous, voire plus ! Tout pèlerin sait que la première semaine est difficile. Enfin, c’est toujours émouvant d’arriver à Saint-Jacques d’y retrouver des amis perdus de vue depuis plusieurs jours ou semaines, voire d’anciens copains de l’an dernier ! C’est l’occasion de faire du shopping touriste . A l’arrêt de bus pour l’aéroport à la place de Galice, les pèlerins s’embrassent une dernière fois avant le grand saut et un retour vers la réalité. Ils se jurent de partager encore ces moments uniques sur une autre voie. Ca rigole , ça pleure , l’ émotion est bien réelle.

Fisterra : Une fin de parcours de 80 km un peu apocalyptique

DSCN1816 Saint-Jacques de Compostelle accueille chaque année plus de 220.000 pèlerins venus du monde entier. On y passe un jour ou deux pour récupérer, faire un peu de shopping souvenir. C’est ici que l’on se quitte ou l’on prolonge le voyage jusqu’au cap Finisterre.

Quant à Sabrina et moi, nous profitons de quelques rayons de soleil pour chiner, profiter d’une jolie pension au cœur de la ville avant de finir le parcours vers le Cap Finisterre avec une météo peu encourageante . La Galice tient ses promesses, nous marchons durant quatre jours dans un crachin 100% breton dans les bourrasques de vent. D’autres courageux pèlerins nous accompagnent vers Fisterra . je recolle deux pansements chauffant sur le tibia gauche endolori par 600 km d’asphalte et de pavés, faut tenir jusqu’au bout. A mi-parcours, dans notre albergue, c ‘est la Bérézina. Tout est trempé, les fringues envahissent le décor pour tenter de sécher. Traverser la cours jusqu’à l’unique restaurant relève de l’exploit (ou symbole d’une grande témérité) tant la pluie est violente. Dans le dortoir, on sort les couvertures, le chauffage à fond ! Certains marcheurs nous ont laissé partir pour attendre l’embellie. Doux rêveurs. Chacun repart le lendemain encore très humide, la pluie n’a pas cessé . Fisterra ne connaît pas l’affluence des beaux jours. Nous laissons nos sacs dans une albergue pour rejoindre le cap mythique. La pointe est balayée par le vent, on descend les rochers pour un ultime selfie de vainqueurs, un dernier baisé , enlacés, crevés , heureux d’avoir marché sur 730 km sans trop de bobos et d’avoir atteint notre but.

Et pour conclure…

DSCN1650Comparativement au long Camino de Francès , ce camino portugais est peut peut-être plus physiquement éprouvant car les jambes encaissent plus d’asphalte et de chemins pavés. Longer les routes nationales peut s’avérer même dangereux . Donc prudence . Sur la partie Lisbonne-Porto , on y découvre un Portugal authentique, souvent rural, avec un contact chaleureux avec une population tellement accueillante. Les prix pour se nourrir et se loger sont extrêmement bas et il n’est même plus utile de faire ses courses pour les repas. Une expérience chez les Bombeiros reste incontournable. En avril nous avons croiser très peu de pèlerins pour Santiago. Mais sachez que le pèlerinage vers Fatima engorge souvent ce double-chemin en été . A Partir de Porto, chacun peut composer son camino avec trois parcours possibles et des villes de liaison. Le passage sur le littoral, même court, apporte une variété supplémentaire à ce chemin. Dès la frontière portugaise franchie, en rentrant à Tuy, les prix flambent mais le parcours gagne en beauté , en nature. Enfin, sur les derniers 100 km, on retrouve le modèle Camino espagnol , avec sa profusion de commerces, d’hébergements, son fléchage impeccable et un nombre beaucoup plus important de pèlerins, authentiques ou touristes aux « Cinq tampons » !

60 km de randonnée sur la trace du mur de Berlin

La carte d'époque des éléments fortifiés qui marquèrent la séparation de Berlin en 1961
Cette carte d’époque montre les divers éléments fortifiés qui marquèrent la séparation de Berlin en 1961. En marchant le long de ce mur, on se demande quelle logique ou stratégie ont suivi les bâtisseurs !

Le 9 novembre 2014, la ville de Berlin commémora le  25e anniversaire de la chute du mur (1989). La réunification des deux Allemagne sera proclamée en septembre 1990. Ce symbole de la Guerre Froide fut érigé dans la nuit du 13 aout 1961 par la RDA lorsque des dizaines de milliers habitants du pays rejoignaient de plus en plus nombreux l’Allemagne de l’Ouest. Ce jour-là Berlin fut coupé en deux provoquant de tragiques séparations .

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Après la démolition du Mur, les autorités ne laissèrent que deux rangées de pavés pour marquer son emplacement. Aujourd’hui sa trace se perd sous le bitume des nouvelles constructions ou la végétation.

En peu de temps, lespremiers fils barbelés seront remplacés par des ouvrages en ciment bordant un no man’s land , un double mur ou patrouillaient les vopo avec leur chien et ou étaient disposés des systèmes  de tirs automatiques. Durant ces 25 ans , de nombreux berlinois de l’Est tentèrent par tous les moyens de le franchir , près de 200 y laissèrent leur vie. Un quart de siècle plus tard que reste-t-il de cet ouvrage ? Pour le découvrir, j’ai parcouru en compagnie de d’une amie berlinoise plus de 60 km sur la trace de ce mur matérialisé aujourd’hui pas une double rangée de gros pavés. Sachant que Berlin-Ouest fut totalement ceint de mur dans les années suivantes et ne fut ravitaillé que par un incroyable pont aérien mis en place par les Alliés. Ayant décidé de réaliser cette rando étalée sur trois jours,  du nord au sud, nous partons de la gare d’Hermsdorf, non loin de l’aéroport  International de Tegel. Immédiatement, on se rend compte qu’il n’est pas facile de retrouver la trace ce mur sur cette partie du parcours ! Durant des décennies, les constructions, les parcs, les routes effacent progressivement l’histoire. Un peu perdu nous demandons à plusieurs reprises notre chemin à des habitants du quartiers. Ils ont une vague idée de son emplacement et nous conseillent de remonter vers le nord.  Par chance , on tombe sur un papy en vélo qui sillonne le parc naturel . Avec gentillesse, il étale ses cartes et nous donne enfin une vision plus précise de cette trace.

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Pour la nouvelle génération, le Mur de Berlin semble parfois un boulet historique à traîner. Ce vestige des années noires attirent bien sûr quantité de touristes. De quoi susciter encore plus d’exaspération !
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La Traban symbolise toujours le côté rustique de l’ex-RDA . Elle fait désormais le bonheur des collectionneurs.

Les panneaux de balisage  « Berliner Mauer » apparaissent enfin , ouf ! Nous marchons en pleine campagne dans l’ex-RDA, quelques panneaux montrent les vues aériennes de la région, d’autres décrivent certains sites historiques comme  une ancien camp de travail ou de malheureux immigrés de l’Europe de l’Est s’épuisaient aux champs. Souvent  j’essayais d’imaginer ce paysage avec ce mur sordide en plein hiver, ces gardes frontières tirant à vue et ces quelques fous qui tentent de fuir par la rivière gelée en pleine nuit. Et cette vision me glaça le sang. Il nous faut ainsi parcourir plus de 15 km pour toucher les quartiers habités de Berlin. Cette ville étonnante fut en fait constituée d’une agglomération d’anciens  petits bourgs, une capitale vaste désormais comme 5 fois Paris ! Autre constatation, ce mur fut tracé à la hâte entre les habitations et les rues sans vraiment de logique . Autrement dit, le randonneur est soumis à de nombreuses bifurcations et doit veiller à ne pas perdre de vue le balisage .  Inutile d’ajouter que nous l’avons paumé et rechercher à plusieurs reprises, sur la carte , avec le GPS de l’Iphone, en interpelant des commerçants du coin. Force est de constater que la nouvelle génération de Berlinois ou les nouveaux immigrés turcs n’ont qu’une vague idée de l’emplacement du mur.  Non loin de Pankow, nous arrivons par le Mauer Park, site fréquenté par les Berlinois lors du marché au puces hebdomadaire. Enfin, le mur se dresse à Gedenkstätte.  Après la chute du mur, l’ouvrage a été revendu par morceaux à prix d’or, des tonnes de ciment aussi servi à la construction de routes . Comme si Berlin avait voulu effacer cette  Nous sommes maintenant au coeur de Berlin, c’est à dire dans un sympathique enfer touristique où le mur occupe une place de choix.  La trace nous plante devant le Reichtag dont le dôme de verre resplendit sous un pâle soleil. La police nous invite gentiment à contourner l’obstacle imposant pour des raisons de sécurité. De l’autre côté de l’édifice, nous prenons la direction de la porte de Brandebug qui est à Berlin ce qu’est l’Arc de Triomphe à Paris.  Les Champs Elysées s’appellent ici  Unter Den Linden, une avenue tout aussi bondée. Rappelons que cet édifice emblématique se retrouvait à l’Est lors de la construction du mur. En longeant le Tiegarden, le parc central de la ville, nous sommes de nouveau face au passé tragique de l’Allemagne.  Non loin du mémorial de l’Holocauste, un autre mémorial rend hommage aux déportés homosexuels des camps nazis. La double rangée de pavés disparaitra souvent sous nos yeux , engloutie ici par un restaurant , un pont , un espace vert . Les Berlinois y a garent dessus  leur voiture désormais sans même y songer alors que les touristes immortalisent leur visite par d’innombrables photos ou selfies. Arrivés à la Pozdamer Platz, le mur occupe un nouvel espace avec quelques blocs et une description historique succincte de sa contruction. Clic-clac et direction plein Est depuis le quartier de Mitte pour rejoindre un musée récent construit aux abords de vestige du mur : la Topographie de la Terreur. Nous nous trouvons ici dans le secteur qui fut le quartier général de la Gestapo. Des fouilles ont permis de dégager à ciel ouvert les géoles de la police nazi. Un long parcours rectiligne y  retrace en images et textes l’anéantissement de la ville de Varsovie par Hitler.  Ce site exceptionnel, dont l’entrée est gratuit fait cheminer le visiteur dans une chronologie terrifiante  subliment illustrée et commentée de la montée du nazisme ainsi que du rôle qui jouait la Gestapo. On en sort un peu sonné avant de faire un détour plus léger par l’incontournable Check Point Charlie.  Sur ce carrefour mythique sur la Friedrichstrasse, ancien point de contrôle C entre Berlin Ouest et Berlin Est contrôlé par les Américains,  les boutiques de souvenirs s’agglutinent, jouxtant les musées dédiés au mur et à ses évasions spectaculaires , les bars couleur RDA , les restaurants option déco Traban ou uniformes russes , toute une industrie touristique érigée  au souvenir, à l’exploitation du mur,  bref du business 100% béton. Certains Berlinois affichent d’ailleurs un certain ras-le-bol de ces vagues touristiques perpétuelles pourtant si lucratives pour l’économie locale. Ce tracé du Mur de Berlin nous conduit au Mémorial du Mur sur la BernauerStrass , plus de 30 personnes y sont mortes.

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De nombreux Berlinois de l’Est tentèrent durant 25 ans de franchir la double-rangée de béton et ce no man’s land piègé. 137 personnes payèrent de leur vie ces tentatives pour rejoindre l’Ouest . Un mémorial a été bâti en souvenir de leur courage et leur sacrifice pour la liberté.

Le Mur y est ici symbolisé par une longue haie de poteaux en acier coloré. Sur deux cents mètres, on y découvre certains vestiges du mur notamment les fosses qui servaient à bloquer d’éventuelles intrusion de véhicules . Un bâtiment surmonté d’une terrasse offre aux  visiteurs une vue panoramique sur une des rues les plus représentatives de cette douloureuse construction, avec notamment des photos géantes imprimées sur les immeubles . C’est aussi l’occasion de découvrir de portraits de tous ceux qui ont laissé leur vie quelques part le long des 163 km du mur encerclant Berlin Ouest. De Mitte nous passons dans le quartier de Friedrichshain et Kreuzberg afin de rejoindre l’East Side Gallery. Le mur se déroule sur près d’un kilomètre le long de la rivière Spree, côté Berlin-Est. Plus de 100 artistes du monde entier y ont peint toutes sortes de messages, de tableaux ou de tags. On peut y voir bien sur le célèbre ‘baiser de l’amitié » entre Erich Honecker et Léonid Brejnev. Après avoir franchit le fameux pont Oberbaumbrüke, style néo-féodal aux allures de Lego, nous voilà reperdus ! La signalétique a disparu, rien ne figure au sol . Par chance je retrouve sur mon Iphone le pdf chargé sur http://www.berlin.de illustrant bien ce parcours urbain. En quittant le centre de Berlin, nous retrouvons peu à peu la campagne et très vite des espaces verdoyants plutôt désert. La copine fait les fonds de son sac, en sort quelques biscuits et une pomme . Il me reste quelques barres de céréales et un litre dans le Camel bag. Le parcours devient alors  rectiligne , on se perd de nouveau en traversant une grande rivière , le mur est sensé la suivre . Devant nous , près de 2 kilomètres de lignes droite, une piste cyclable interminable. Pas un bistrot à l’horizon, pas un robinet. Et pour couronner le tout, l’autoroute en parallèle !  18 km de marche , nous commençons à avoir réellement un gros creux  et on se demande comment rentrer à la maison. Un peu crevé, on décide de quitter la trace du mur pour nous ravitailler dans un centre commercial situé miraculeusement à 500 m de là en franchissant l’autoroute. Après un déjeuner copieux  à la cafétaria d’un magasin de bricolage, la berlinoise veut pousser le compteur.  Sachant que l’on aimerait bien boucler plus tard la totalité du mur , soit près de 100 km .  Il est près 17h00, le soleil décline  et il est temps de rentrer. Un peu perdu, dans les quartiers de Treptow-Kopenick nous errons entre les bâtiments de l’usine géante Audi, un bus apparait au loin. Il nous mènera jusqu’à la gare du S-Bahn.

il faut environ trois de randonnée pour suivre cette portion du Mur de Berlin . Le tour complet mesure 160 km et il est relativement bien balisé. Toutefois, prévoyez carte et GPS , il se perd parfois sur un parking ou dans la végétation. Contournez les obstacles !
il faut environ trois jours de randonnée pour suivre cette portion du Mur de Berlin sur 60 km . Le tour complet mesure 160 km et il est relativement bien balisé. Toutefois, prévoyez carte et GPS , il se perd parfois sur un parking ou dans la végétation. Contournez les obstacles !

Ces trois jours de randonnée nous ont permis de découvrir des quartiers peu connus de Berlin,parfois intéressants, parfois insignifiants. Le Mur disparait peu à peu du paysage,  peut être de la mémoire des Berlinois. Pourtant lors de ce 25e anniversaire de la chute du mur, la ville a mis le paquet. Du 7 au 9 novembre, autochtones et touristes participeront à cette fête. Plus de 8000 ballons éclairés et gonflés à l’hélium ont été disposés sur 15 km. Artistes, acteurs, écoliers, sportifs y accrocheront des messages de paix et de fraternité. Dans la nuit du 9 novembre; ils seront lâchés dans le ciel de la ville. Sur ce tracé, les organisateurs ont disposé un stand tous les 150 m. Chacun y raconte une histoire, celle d’un homme ou d’une femme qui a péri ou survécu en franchissant le mur, tout un symbole de liberté.

Pèlerinage initiatique vers Compostelle, entre bonheur et douleur

Kirschos Goes to Compostelle saison 1

9 avril – 14 mai 2014. De Saint-Jean-Pied -de -Port à St Jacques de Compostelle , sur le Camino de Francès – 800 km

Lors de multiples sorties effectuées dans divers clubs de rando, en Indre et Loire ou à Paris, j’avais eu l’occasion de débattre avec mes collègues de l’intérêt ou non de parcourir les chemins de Compostelle. Ces itinéraires mythiques ne présentent plus aucun secret pour le randonneur aguerri tant la littérature, les forums, les derniers films et les livres en font écho. Les partisans invoqueront les bienfaits d’un voyage intérieur en rupture totale avec le quotidien ou encore le potentiel culturel et humain du parcours. Leurs adversaires les plus virulents évoqueront la douleur, de l’ennui de parcourir souvent des kilomètres d’asphalte sous le cagnard ou la pluie, la surpopulation de pèlerins , le business, les distributeurs de canettes en rase campagne ou que sais-je encore, le risque croissant de rapporter des punaises de lit !

Après une première analyse du projet, j’avoue que mon cœur penchait plutôt du côté des sceptiques ou des adversaires. Tout aurait pu en rester là si un jour Françoise, encore mon épouse à l’époque, ne n’avait pas offert le bouquin de Jean-Christophe Rufin « Immortelle randonnée, Compostelle malgré moi »

L’Académicien, auteur entre autres du fameux livre « Rouge Brésil », y raconte son périple improvisé sur le Camino Del Norte, le chemin de Compostelle qui suit la côte nord espagnole depuis Irun, alors qu’il avait planifier à l’origine de traverser les Pyrénées d’Ouest en Est. La météo en décida autrement. Ce récit m’a tout de suite emballé et donné l’envie immédiate de tenter cette aventure en solo. Je choisissais de partir seul pour des raisons d’ordre privé, je ne voyais dans mon entourage personne suffisamment complice, disponible et en forme à qui proposer une telle marche.

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Quel équipement pour marcher vers Compostelle ? Réponse en 2 photos

Pour mon second chemin de Compostelle entre Lisbonne et Santiago

LA CHASSE AUX KILOS EST OUVERTE
Beaucoup de candidats au départ vers Compostelle se demandent ce qu’il faut emporter raidans son sac à dos pour une longue balade de plusieurs centaines de kilomètres. Eternel casse-tête entre le nécessaire et le superflu, bienvenue à la chasse aux kilos et aux angoisses ! N’ayant pas la science infuse de la randonnée, j’ai pour ma part opter pour le matériel le plus léger possible, quitte à casser ma tire-lire.Pour en savoir plus je ne saurais trop vous conseiller de vous rendre sur quelques sites spécialisé dans le MUL (matériel Ultra-léger) ex: randonner-leger.org
J’ai ainsi choisi un équipement cosmopolite et très technique  :  un sac de couchage de la marque polonaise Cumulus (450 gr), une veste américaine Gore-tex Arc Térix, un pantalon de pluie Vaude fabriqué en Allemagne, tout comme le sac à dos Deuter , un tapis de sol gonflable anglais Therma-A-Rest , une doudoune ultra compressible Patagonia et des chaussures italiennes Dolomite. Le reste étant du bon vieux Décathlon de base.
Voici donc en deux  clichés mon équipement pour ce second pèlerinage de Lisbonne à Saint-Jacques de Compostelle sur la Via Lusitana au Portugal. Si le poids de mon sac ne dépasse pas 9kg, (eau comprise), j’aurais réussi mon pari !

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L'urgence est au bonheur, by Sophie Ausilio

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De week-ends en tours du monde, nos vadrouilles autour de la planète !

Les petites escapades de Thia

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